Coronavirus : Pas de quoi s’alarmer, la ministre de la Santé tient juste à informer

21/05/2013

Le premier cas fut celui d’un homme de 65 ans revenu à la fin du mois d’avril de la péninsule arabique, principal foyer d’infection. L’état de celui-ci est actuellement stable. A savoir que cet homme a fréquenté trois hôpitaux (Valenciennes, Douai, Lille). Le second cas est celui d’un autre homme de 50 ans qui avait partagé la chambre du premier malade pendant quatre jours à l’hôpital de Valenciennes. Il a rapidement développé les mêmes symptômes. Ce qui démontre ainsi l’existence d’une transmission aéroportée (par les gouttelettes, par l’air) ou par voie respiratoire.

Des mesures de surveillance rapprochée

D’après la ministre de la Santé, des enquêtes étaient en cours, dont une pour identifier les personnes qui ont été en contact avec le premier patient. « Le premier malade n’était pas seul. C’était un voyage qu’il a effectué dans le cadre d’un séjour organisé (aux Emirats arabes unis). Il s’agit de contacter les personnes qui ont effectué le même voyage (…) L’objectif de cette enquête n’est pas tant de trouver ou d’identifier des malades que d’obtenir des informations sur la nature du voyage, du séjour, les activités qui ont pu être réalisées, afin de progresser dans l’enquête étiologique, car on ne connaît pas l’origine de ce virus à ce jour ».

Des cas suspects mais négatifs

Jusque-là, 124 personnes en contact avec le premier malade ont déjà bénéficié de cette surveillance rapprochée. Mais bien que certains cas aient été suspects, les résultats des tests étaient négatifs. Entre autres, il y avait le cas d’un jeune homme membre de la famille du premier malade, ou encore trois autres cas suspects. Au final, tous s’étaient révélés négatifs, selon les résultats d’une enquête épidémiologique. D’après les professionnels, une personne en bonne santé a très peu de chance de contracter le nouveau coronavirus. Ces derniers de rassurer que seulement 41 cas ont été recensés dans le monde, pour un virus qui circule pourtant depuis plus d’un an.

Ce que l’on sait à propos du nouveau coronavirus

Ainsi, il existe bel et bien une transmission du virus d’homme à homme. En général, il faut un contact de longue durée (4 jours pour la deuxième personne) et une distance assez limitée (environ un mètre) pour que la transmission se fasse. On sait aussi qu’il ne s’agit pas du même virus que la SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), mais qu’il provient de la même famille. D’ailleurs, les deux présentent de grandes similitudes : les personnes touchées sont des adultes, atteints de comorbidités (d’autres pathologies considérées comme facteur aggravant) ; la transmission se fait par voie respiratoire et par contact étroit ; la mortalité est forte.

Outre cela, l’on sait également que le réservoir de ce virus se trouve chez des animaux, en Arabie saoudite et dans des pays voisins. Une hypothèse suggère qu’il proviendrait de chauve-souris. Au total, 41 cas ont été recensés, dont 20 décès. Il a été détecté en Arabie saoudite, en Jordanie, au Qatar, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France. Mais l’Arabie saoudite est le pays le plus touché, avec 31 cas dont 15 mortels. Justement, l’Arabie saoudite a fait état ce samedi 18 mai d’un nouveau cas d’infection au nouveau coronavirus. D’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il s’agit d’une personne âgée de 81 ans, tombée malade le 28 avril. La patiente serait actuellement dans un état critique mais stable.

D’après le Pr Arnaud Fontanet, responsable de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, « ce virus (le nouveau coronavirus) existe depuis un an et n’a pas explosé de manière épidémique. Il ne faut pas être inquiet mais être très vigilant et agir fort (…) On s’est rendu compte pour le virus du SRAS que les patients n’étaient contagieux qu’après le début des symptômes. Cela a permis d’identifier les personnes pour les isoler et les mettre en quarantaine avant qu’ils ne deviennent contagieux. On a pu comme cela bloquer l’épidémie de SRAS (…) Ici, on a un nombre de cas beaucoup plus limité (2 cas en France) que pour le SRAS (8000 pour l’épidémie de SRAS en 2003), mais dans tout ce que l’on a aujourd’hui, il n’y a rien qui va à l’encontre de cette règle (contagiosité après expression des symptômes) ».

Par contre, le nouveau coronavirus serait plus dangereux que le SRAS. En effet, outre les troubles respiratoires importants, il entrainerait également une insuffisance rénale rapide. Mais encore une fois, comme le précise bien la ministre de la Santé, le but est simplement d’informer, et non d’alarmer. Ceci dit, il sera toujours mieux de prévenir que guérir. Aussi, les personnes susceptibles de contracter le virus (comme dit plus haut, les adultes atteints de comorbidités) devraient disposer d’une bonne mutuelle, qui leur apportera le soutien nécessaire au niveau de la prise en charge de leurs dépenses de santé (hospitalisation, analyse, etc.). Rappelons que la prise en charge proposée par la Sécurité sociale est de plus en plus insuffisante de nos jours.

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